Récit de voyage : Irish Road Trip #chapitre4

Mardi 21 octobre 2014

Après une nuit passée dans un vrai lit et un bon petit déjeuner (étant novices en auberge de jeunesse, nous avons découvert la salle commune qui accueille toute une ribambelle de voyageurs, mais notre faible niveau d’anglais ne nous permet pas de discuter avec nos compagnons du matin), nous remettons nos sacs dans la voiture et reprenons la route.

 

On retourne un peu sur nos pas (vers Ladie’s View) en prenant la direction de la Blackvalley cette fois-ci. La pluie s’est arrêtée et laisse place au soleil, une belle journée s’annonce. Les couleurs ressortent encore plus sous cette lumière matinale. A la base, nous avions prévu de nous rendre sur le plus haut sommet d’Irlande, le Carrauntuohil, 1038m d’altitude, mais après consultation de la météo, nous changerons d’avis au profit d’une randonnée improvisée nous paraissant plus accessible (j’ai bien dit, « nous paraissant »), la Blackvalley étant jusqu’à maintenant le plus bel endroit que l’on ait vu. Les moutons se promènent en totale liberté et ce sont des tourbières à perte de vue qui cernent la route. Nous continuons à rouler pour arriver sur le Gap of Dunloe et petit clin d’oeil aux fans de Tolkien, nous avons l’impression de rejoindre  le gouffre de Helm! C’est une route longeant une rivière qui s’écoule en plusieurs petits lacs, le tout dans le creux des montagnes. A ce moment, Vincent décide que c’est l’endroit parfait pour nous arrêter de manière à réaliser une randonnée en direction du sommet d’une montagne environnante. On gare donc la voiture, toujours sous le soleil, on s’équipe de polaires, doudounes et vestes imperméables, bonnets, gants et sacs à dos avec barres de céréales et eau. Chaussures de rando aux pieds, nous volià fin prêts à gravir l’Everest!! Comme toujours en Irlande, le vent est de la partie et cette vallée faisant effet Venturi, il est encore plus puissant que d’habitude. Mais ce n’est pas ça qui va nous stopper!

 
 

On attaque l’ascension de la montagne avec comme seul point de repère, ce sommet qu’on aperçoit au loin. Sauf qu’au fur et à mesure que nous avançons, le sommet ne semble pas se rapprocher. Nous suivons une trace dans la tourbe jusqu’à atteindre une petite cascade. Vincent est ravi, moi plutôt inquiète car le vent ne fait que forcir… On escalade le long de la cascade et là, surprise! on tombe sur un lac perdu dans la montagne avec une eau d’un noir profond, le vent crée plein de vagues à la surface, c’est magnifique! On voit derrière celui-ci, un sentier qui continue de monter dans un pierrier. C’est la route pour le sommet, Vincent est plus motivé que jamais.  

La pente devient davantage escarpée, les pierres roulent sous nos semelles, l’ascension se montre plus difficile et, comme si cela ne suffisait pas, quelques gouttes se mêlent à l’aventure… On se retourne pour regarder autour de nous et, en l’espace d’un instant, un rideau blanc avance à toute allure dans notre direction. Ce ne sont pas quelques gouttes qui arrivent mais un grain! On aperçoit à une centaine de mètres en amont des gros rochers vers lesquels on se dépêche  de se diriger de manière à nous abriter le temps que ça passe, en espérant que ça passe rapidement…

A ce moment-là, on ne vous cache pas que l’on ne faisait pas les fiers… On s’était rendu compte que la météo pouvait changer très vite et qu’on n’était rien face à cette immensité…

Après une bonne remise en question (expression plus polie qu’une bonne engueulade, je vous confierai que je suis partante pour toutes les aventures et expéditions, mais si la combinaison pluie et froid, mes pires ennemis, s’invite au voyage, mon mauvais caractère peut facilement ressortir…), la pluie finit par s’arrêter , le soleil est de retour aussitôt. On vous laisse imaginer la vitesse du vent. On voit le sommet, il est tout proche. On termine cette ascension accidentée en arrivant sur un plateau, herbe,  flaques d’eau et crottes de moutons sont omniprésents. Nous ne sommes pas arrivés au terme de notre progression mais le vent est d’une puissance telle qu’il nous déséquilibre, je ne suis pas très rassurée et je signale à Vincent mon inquiétude. Bien que cela l’embête, il accepte que nous nous arrêtions ici (non sans une certaine amertume). Au final, la vue en vaut largement la peine, on s’amuse même à se faire porter par le vent.

 
 

 

On finit par redescendre à la voiture après une randonnée de quasiment 3 heures! On a bien fait de s’équiper convenablement! Une fois à l’abri du vent dans la voiture, on allume le contact pour se réchauffer et on traverse le Gap of Dunloe. C’est un endroit magique, la route serpente entre des montagnes abruptes. On vous laisse découvrir ce lieu féerique avec les photos.

 
 

Nous terminons notre journée en rejoignant tranquillement la côte, profitant des changements de lumière pour admirer la beauté des paysages qui s’offrent à nous. Nous finissons par nous poser à Rossbergh Creek, long bras de terre s’avançant dans la mer. Nous nous garons tout au bout de cette longue digue en galet face au coucher de soleil pour le regarder disparaître à l’horizon.

Une fois la nuit tombée, l’humidité et le vent froid nous font vite fermer les fenêtres et le coffre de la voiture. Nous nous faisons chauffer une bonne soupe (enfin, un sachet lyophilisé, on se contente de peu en road trip), les émotions et le vent de la journée nous facilitent l’endormissement, seuls quelques dérapages de voitures viendront perturber notre sommeil!

 

La journée en quelques chiffres :

  • 80kms ⇔ 2h30
  • 50 moutons au moins
  • 3h de rando
  • 1 arc en ciel
  • 1 grosse averse
  • 120km/h de vent
  • 1 nuit dans la voiture
  • 1 soupe dégeu

 

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Jolies lueurs dit :

    Coucou !

    Encore un chouette article, et une belle journée de ce road-trip islandais, quoique’ pas de tout repos celle -ci !
    Les paysages son sublimes, et cette belle lumière, Wow !

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